Créer son storytelling : Raconter son parcours pour mieux saisir les opportunités

25 aout 2026

Le samedi 6 juin, Le Cercle a eu le plaisir d’animer à Bruxelles un workshop de deux heures auprès des participants du European Leadership Programme, autour d’un sujet nous tient particulièrement à cœur au sein du Cercle : apprendre à mieux communiquer son parcours professionnel, construire un CV clair et impactant, et utiliser LinkedIn comme un véritable outil de développement de carrière.

Cette intervention s’inscrit pleinement dans l’engagement que nous portons à travers Le Cercle, l’association que j’ai cofondée pour accompagner les femmes afropéennes dans leur évolution professionnelle. Avec Le Cercle, nous voulons créer des espaces de transmission, de soutien et de valorisation des parcours. Trop souvent, nous avons les compétences, les expériences, les diplômes, l’ambition, mais nous ne savons pas toujours comment les formuler, les rendre visibles ou les transformer en opportunités concrètes.

C’est précisément ce que nous avons travaillé pendant ce workshop : comment passer d’un parcours vécu à un parcours incarné et stratégique.

Le CV : raconter une histoire, pas seulement lister des expériences

Un CV n’est pas une liste froide de postes, d’études et de dates. C’est un outil de communication. Il doit répondre à trois questions essentielles : qui suis-je ? que suis-je en train de chercher ? qu’est-ce qui me rend unique ?

Avant même de modifier la forme de son CV, il faut donc clarifier le fond. Quelle est ma valeur ajoutée ? Vers quel type de poste est-ce que je veux aller ? Quelles compétences transférables puis-je mettre en avant ? Quelle double spécialisation, expérience associative, langue, mobilité internationale ou trajectoire personnelle peut devenir un vrai élément de différenciation ?

Un bon CV doit ensuite être structuré de manière lisible. Les informations personnelles doivent rester sobres : nom, prénom, adresse e-mail, téléphone, ville éventuellement, en excluant les informations privées (adresse complète, âge, situation familiale). Le résumé professionnel doit être court, ciblé et orienté vers l’objectif recherché. Les expériences doivent être décrites avec des verbes d’action : « coordonner », « développer », « analyser », « créer », « accompagner », « organiser ». Surtout, il faut quantifier dès que possible : nombre de personnes encadrées, nombre d’événements organisés, nombre de dossiers suivis, sur quelle durée, et avec quel résultat. Une fois embauché-e, il vous faudra présenter des données chiffrées, votre performance, trouver des quantifieurs et vous serez déjà rodés sur l’exercice. Il peut être aussi pertinent de mettre en avant ses hobbies, car cela montre votre personnalité.

Un point souvent négligé : un CV doit être adapté à chaque candidature. Il faut reprendre les mots-clés de l’offre, mettre en avant les certifications pertinentes pour le secteur visé, et vérifier que le document peut être lu correctement par les systèmes de tri automatisés, aussi appelés ATS (utilisation de l’intelligence artificielle du côté des candidatures et à la fois du côté des ressources humaines). Cela ne signifie pas écrire pour une machine, mais s’assurer que les compétences importantes apparaissent clairement.

Enfin, quelques règles pratiques peuvent faire toute la différence : une page suffit généralement pour les profils juniors ; deux pages peuvent être acceptables pour des profils plus expérimentés à partir de 7-10 ans d’expérience. La lettre de motivation quant à elle doit rester concise, entre 200 et 400 mots. Après un entretien, un e-mail de remerciement peut être envoyé dans les deux jours, puis une relance raisonnable après environ une semaine. Et bien sûr : aucune faute. Faites relire votre CV. C’est important.

LinkedIn : se rendre visible sans se dénaturer

La deuxième partie du workshop portait sur LinkedIn. Beaucoup de personnes voient encore LinkedIn comme un simple CV en ligne. En réalité, c’est un espace de visibilité, de réseau, d’apprentissage et d’opportunités.

Le premier conseil est de construire son profil non seulement autour de ce que l’on a fait, mais surtout autour de ce vers quoi l’on veut aller. Pour les jeunes diplômées ou les personnes en transition, il est particulièrement important de vous projeter. Votre titre LinkedIn ne doit pas seulement dire « étudiante » ou « en recherche d’opportunité ». Il doit indiquer le type de poste ou de secteur ciblé. Par exemple : « Affaires européennes - Santé publique » ou « Aspirante Avocate ». Les mots-clés comptent, car ce sont eux qui permettent aux recruteurs et aux personnes pertinentes de vous trouver.

Il faut aussi garder son profil actif. Cela ne signifie pas publier tous les jours ni raconter toute sa vie professionnelle en ligne. Cela signifie partager ponctuellement des articles, commenter avec pertinence, suivre des hashtags liés à son domaine, valoriser ses réalisations et montrer progressivement son expertise. Un commentaire réfléchi sous une publication peut parfois ouvrir plus de portes qu’un message envoyé à froid.

LinkedIn est aussi un outil très concret de recherche. On peut y créer des alertes emploi, suivre des organisations, identifier des personnes qui occupent déjà les postes que l’on vise, rejoindre des groupes professionnels, utiliser la recherche avancée et même combiner des mots-clés avec des opérateurs comme ET, ou OU pour affiner ses résultats. Le réseau ne se limite pas aux personnes que l’on connaît déjà : sa vraie puissance se trouve souvent dans le deuxième cercle, c’est-à-dire les personnes que nos contacts peuvent nous présenter.

Mais le réseau doit rester humain. Une bonne stratégie LinkedIn ne consiste pas à demander immédiatement une opportunité ou une recommandation. Elle commence par une posture : s’intéresser sincèrement, partager de l’information, remercier, proposer son aide quand c’est possible, créer du lien sans attendre un retour immédiat. Le networking le plus durable est celui qui repose sur des intérêts partagés et une forme d’authenticité.

Communication professionnelle : apprendre à formuler sa valeur

Au fond, le CV et LinkedIn ne sont que deux supports d’un même enjeu : savoir communiquer sa valeur. Beaucoup de femmes, et en particulier de femmes issues de minorités ou de parcours multiculturels, ont appris à travailler dur, à être sérieuses, à ne pas trop prendre de place. Mais dans le monde professionnel, il ne suffit pas toujours d’être compétente : il faut aussi apprendre à rendre ses compétences visibles.

Cela ne veut pas dire se survendre. Cela veut dire être capable d’expliquer clairement ce que l’on sait faire, ce que l’on cherche, ce que l’on peut apporter et pourquoi notre parcours a du sens. Nos trajectoires ne sont pas toujours linéaires, et c’est précisément ce qui peut faire leur richesse. Une reconversion, une expérience associative, un parcours international, une période de doute, une double culture ou une mobilité géographique peuvent devenir des forces si elles sont racontées avec cohérence.

À la communauté du Cercle, nous aimerions donc transmettre ce message : ne laissez pas les autres deviner votre potentiel. Apprenez à le nommer. Relisez votre CV comme si vous découvriez votre propre parcours pour la première fois. Votre valeur est-elle claire ? Votre objectif est-il lisible ? Vos réussites sont-elles visibles ? Votre LinkedIn parle-t-il de votre avenir autant que de votre passé ?

Nous n’avons pas besoin d’attendre d’être « parfaitement prêtes » pour nous rendre visibles. Nous pouvons commencer par une action simple : mettre à jour notre titre LinkedIn, faire relire notre CV, envoyer un message à une personne inspirante, commenter une publication dans notre domaine, ajouter des résultats chiffrés à une expérience, ou reformuler notre résumé professionnel.

C’est souvent par ces petits gestes que l’on reprend possession de son récit professionnel.


Avec Le Cercle, nous continuerons à créer ces espaces où les femmes afropéennes peuvent apprendre, transmettre, poser leurs questions, partager leurs doutes et avancer ensemble. Car l’évolution professionnelle ne se construit pas seule. Elle se construit avec des outils, du réseau, de la confiance et bien sur une communauté qui nous rappelle que notre place n’est pas à demander timidement, mais à prendre pleinement.

Sélection d’outils pour rédiger votre CV et cibler vos compétences

1. Avant d'écrire : trouver les bons mots

MétierScope – France Travail

532 fiches métiers, 45 secteurs, 491 compétences principales. C'est l'outil le plus utile pour la conclusion : il aide à identifier les compétences à mettre en avant sur un CV et donne le vocabulaire exact du métier visé — celui que les recruteurs et les ATS recherchent.

Le ROME 4.0 – fiches métiers officielles

Le référentiel derrière MétierScope. Utile pour reprendre les intitulés officiels plutôt que des formulations maison.

Diagoriente

Start-up d'État. Permet de cartographier ses compétences techniques et transversales et de construire un CV compétences. Particulièrement pertinent pour valoriser le bénévolat, l'associatif, les expériences non salariées. Ministère du Travail

2. Construire et mettre en forme

CVDesignR

Gratuit, modèles compatibles ATS, import d'un CV existant. À signaler : on peut s'y connecter avec son compte France Travail et importer automatiquement son profil de compétences.

Profil de compétences France Travail

Depuis l'onglet « CV et Réalisations », l'outil génère un CV à partir des éléments du profil, et permet d'y joindre diplômes, lettres de recommandation ou liens.

Canva

Pour le design. Une réserve à mentionner en conclusion : les modèles à deux colonnes, icônes et barres de compétences passent souvent mal les filtres ATS. À réserver aux candidatures remises en main propre, en événement ou par réseau.

3. Cadres et mobilité

Apec – tous les outils

Outil de création de CV, fiches métiers, simulateur de salaire, simulateur d'entretien — le tout gratuit. La page candidature aborde aussi les ATS.

Europass (Commission européenne)

Gratuit, permet de créer, stocker et partager des CV en 31 langues.

EURES

Le pendant emploi : le profil Europass se partage directement avec les employeurs européens. Vous pouvez également demander un financement de mobilité si vous partez vivre à l’étranger.

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