Ralentir : est-ce si dur que ça ?
23 juin 2026
Est-ce que ralentir est si dur que ça ? La réponse est dans notre quotidien. On vit dans une société qui a transformé la productivité en vertu morale. Dès qu'on a un temps mort, on le remplit : un podcast dans les oreilles pendant le trajet, scroller sur les réseaux entre deux réunions, gérer les courses en pensant à la to-do du lendemain. L'ennui est devenu l'ennemi. On a peur du vide parce qu'on a fini par croire que si on ne produit rien, on ne sert à rien.
La plupart d'entre nous passent leur vie en mode "survie", à gérer les dossiers, les enfants, la logistique de la maison et les attentes des proches. On court après le temps, non pas par choix, mais par réflexe. On est devenues des machines à exécuter, et le risque, c'est de se réveiller un matin en ne sachant plus qui on est derrière tout ce que l'on fait.
Le poids spécifique pour les femmes afro-descendantes
C’est là que le sujet devient politique. Quand on est une femme afro-descendante, cette pression à la performance n'est pas la même. Il y a un poids invisible qui s'ajoute : celui de devoir être deux fois plus compétente, plus résistante, plus "parfaite" pour compenser le regard des autres.
On porte souvent le masque de la femme forte, celle qui gère tout, pour qui "tout va bien", même quand le corps et le mental lâchent. C’est une forme de survie héritée et renforcée par une société qui nous scrute davantage. On nous renvoie souvent l’image que notre valeur est conditionnée à notre capacité à ne jamais faillir. Ralentir, dans ce contexte, c'est presque un acte de rébellion. C'est dire : « Je ne suis pas là pour porter les attentes du monde sur mes épaules ». C'est s'autoriser le droit à la fragilité, le droit à l'erreur et, surtout, le droit à l'inaction sans que cela remette en cause notre légitimité.
Ralentir, c’est trouver son propre rythme
La peur de s'arrêter vient d'une confusion entre "être" et "faire". On s'est construit une identité basée sur nos résultats. Pourtant, ralentir n'a pas de définition unique. C'est une question d'ajustement personnel, propre à chacune.
Au sein du Cercle, on expérimente toutes ce besoin de décrocher, chacune à notre manière :
Luisa, que vous verrez en photo dans cet article, a trouvé dans la course à pied et le yoga ce moment de silence nécessaire pour apaiser son mental.
Jeannette, elle, ne lâche rien quand elle court. C'est d'ailleurs cette énergie qui a donné naissance au "Run for Memory" le 9 mai dernier.
Lindsay, elle, ne jure que par le yoga. D'ailleurs, si vous voulez partager ce moment avec elle, elle animera une initiation lors de notre événement « Le Cercle du bien-être » le dimanche 5 juillet.
Inny, elle, préfère le calme de la couture ou l’expression par la danse : deux manières radicalement différentes, mais tout aussi efficaces, de reprendre possession de son temps.
Quant à Diana, c’est le voyage, la découverte de nouveaux horizons qui lui permettent de sortir du cadre et de retrouver sa paix intérieure.
Alors vous faites une pause ?
Avant de s'épuiser complètement, on commence par une chose : arrêter de se justifier. Pas besoin de vacances pour décider que, ce soir ou ce week-end, rien ne sera "produit". Posez-vous cette question simple : « Qu’est-ce que je peux lâcher aujourd’hui pour arrêter de courir ? »
Au Cercle, on ne veut pas vous vendre du rêve, juste partager nos réalités. On a toutes besoin de souffler. Respirez. Accordez-vous la même douceur que celle que vous offrez si facilement aux autres. Ce n'est pas un luxe, c'est nécessaire.

